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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 19:28
Phrase bizarre s'il en est ;
un vieux souvenir de mon maître d'école de CM2 ;
mais surtout  LE système pour se rappeler dans l'ordre de longueur les 4 grands fleuves français.

Donc ça donne : LOire RHOne SEine GARonne.  Et oui, c'était complètement simple, & pour la mémoire totalement ineffaçable!

La phrase culte une fois transmise aux enfants concernés, je me suis sentie dans cette chaîne de succession de générations d'instituteurs passionnés & exigeants, qui ont appris à lire & compter à un peuple entier, sans tolérer le moindre exclu ; qui ont fait passer le savoir & la base culturelle qui ouvrent l'avenir de chacun & d'un pays ; qui se sont sentis responsables de leurs élèves au point d'exiger d'eux ce qu'ils ignoraient posséder.
Avec toutes le limites qu'on peut trouver à un système unique & laïc, du point de vue de l'instruction, je leur tire mon chapeau, avec une pensée toute particulière pour Monsieur & Madame G., mes instituteurs de CM, que je voudrais évoquer ici.

Appartenant à l'Education nationale, ils étaient à quelques encablures de la retraite quand je suis passée dans leur classe. Ils étaient mariés, mais n'avaient pû avoir d'enfant. Ils croyaient à l'institution pour laquelle ils oeuvraient, celle d'une instruction pour tous. Ils avaient tous deux résisté sereinement aux sirènes de l'enseignement moderne de Mai 68, & avaient continué à instruire leurs élèves selon la méthode qu'on leur avait apprise. Monsieur G. portait invariablement, sous sa blouse grise, une chemise blanche & une cravate, il s'habillait pour remplir sa fonction, rien que ça : quel cadeau !
Nous avions le Bled, les affiches Rossignol au mur, le thermomètre à relever dans la cour tous les matins, une vraie discipline, un bâtiment lumineux avec la rangée de porte-manteaux, la cour de récré avec son platane ...




Et surtout, dans chacun de ces instituteurs, cette flamme qu'ils nous transmettaient du soin dans le travail, de la justice, du goût d'apprendre, flamme née de leur passion d'enseigner, & qui sait, de la blessure de leur coeur de parents inaccomplis. Je ne sais pas pour les autres, mais en moi cette flamme n'a jamais faibli tout au long de ma scolarité, & j'aimerais être en mesure de la donner à mes enfants.

Monsieur G. n'est plus de ce monde, mais je revois parfois Madame G. : elle est venue à mon Mariage, elle ne change pas, ses yeux pétillent toujours d'intelligence. Elle a gardé une écriture parfaite, & doit être la seule personne au monde capable de faire des pleins & déliés avec un Bic. Elle est un modèle d'abnégation & de joie de vivre.

Je les remercie, elle & son mari, pour ce qu'ils m'ont donné, & qui est gravé au-delà de mon intellect : dans une part de celle que je suis.

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